Pendant les années d'indépendance, l'UPC (Union des Populations du Cameroun) est pourchassée dans tout le Cameroun, d'abord par les colons français, ensuite par le gouvernement du Cameroun indépendant. Au sein de la royauté du village Bangou, le roi qui était en place pendant cette période, le roi KEMAYOU Paul Bernard, était un militant de l'UPC. Suite à l'interdiction de ce parti politique, la vie de ses militants se retrouve menacée. Certains sont tués, d'autres emprisonnés et d'autres prennent la fuite pendant les années de réclamation de l'indépendance (1956-1960). Le Roi Paul Bernard KEMAYOU, confronté à cette situation doit alors prendre la fuite en 1960. Son adjoint, sollicité pour occuper la place pendant son absence se désiste, laissant ainsi la royauté sans roi depuis son départ jusqu'en 1967.
Dans l'organisation de la plupart des royautés Bamilékés, lors de la désignation du roi, il est conjointement désigné un adjoint qui remplace le roi lorsque ce dernier est indisponible. Cet adjoint occupera la place du roi pendant toute la ou les périodes d'indisponibilité du Roi mais ne peut lui succéder. Dans les différents langages bamilékés, cet adjoint est appelé chuipou chez les uns et kuipou chez les autres. Il peut exister plusieurs appellations suivant le village où l'on se trouve. Donc concrètement, la royauté en village bamilékés est constituée d'un duo composé par le Roi et de son Adjoint. L'adjoint accompagne le roi durant tout son règne et peut le remplacer en cas d'indisponibilité. Cet adjoint ne peut succéder.
Dans le cas du village Bangou, le Roi KEMAYOU Paul Bernard a eu pour adjoint son frère NANA SINKAM Samuel, qui à l'époque était le représentant de l'état du Cameroun auprès du Fond Monétaire International (FMI).
Tout comme le roi KEMAYOU Paul Bernard, plusieurs autres chefs de villages bamilékés furent des militants de l'UPC et tous ont été confrontés à la même situation de l'époque : être exécutés, être emprisonnés ou de prendre la fuite. Plusieurs d'entre eux ont pris la fuite et se sont retrouvés en exil hors de leurs territoires. Dans la plupart des villages où les chefs ont pris la fuite face à l'oppression coloniale et de l'État du Cameroun, les chuipous de ces chefs ont pris leur place à la royauté, protégeant ainsi le trône du roi parti en exil. Ce ne fut pas le cas à Bangou où le chuipou a expressément déclaré « que la royauté ne l'intéressait pas », d'après certains contemporains de l'époque.
Face à ce désistement, la royauté du village Bangou demeure sept (7) années durant sans roi. Cette situation perturbe le fonctionnement social de la communauté qui se plaint de plus en plus de cette absence. Las d'attendre le retour du roi, le roi du village Bangou est administrativement destitué et la fonction de roi du village Bangou est déclarée vacante.
L'absence de roi à la royauté Bangou a créé une situation de vacances qui avec la destitution administrative du roi en exil a ouvert la voie à la désignation d'un remplaçant à la tête de la royauté.
Le conseil des notables a été sollicité pour la désignation d'un nouveau roi. À ce moment-là, aucune descendance de Mr KEMAYOU Paul Bernard n'est connue. Parmi tous les candidats possibles à cette désignation, le choix du nouveau roi par le conseil des notables s'est porté sur l'oncle du roi sortant. Mr DJOMO Christophe, puisqu'il s'agit de lui a déjà été concerné sans succès aux deux dernières successions. Ce choix fait de Mr DJOMO Christophe le 13e roi des Bangou. La lignée initiale a changé, tout en restant dans la même famille.
Le nouveau roi DJOMO Christophe règne pendant 12 ans de 1967 jusqu'à sa mort en 1979.
Au moment du décès du Roi DJOMO Christophe, le roi KAMAYOU Paul Bernard est toujours vivant, exilé à Conakry en Guinée. Il est sollicité par les notables Bangou pour revenir reprendre son trône, mais il refuse en déclarant d'après les contemporains de l'époque :
Suite à ce refus, la succession à la royauté du village Bangou est ouverte, et le fils du défunt roi DJOMO Christophe est désigné roi de Bangou sous le nom de TAYO II MARCEL.
Le roi TAYO II Marcel règne sur Bangou de 1979 à novembre 2018, soit presque 40 ans. Alors que se préparait la fête des 40 ans de règne du Roi TAYO II Marcel, le village a été surpris par sa mort survenue le 16 novembre 2018.
Durant le long règne de Tayo II Marcel, le roi KEMAYOU Paul Bernard décède en exil à Conakry en 1985.
Suite au décès du roi TAYO II Marcel, la succession à la royauté du village Bangou est ouverte conformément aux textes en vigueur. Lors des consultations du conseil des notables en vue de la désignation du successeur du roi TAYO II Marcel, un groupe de personnes originaires de Bangou "chapeautés" par le chuipou du roi KEMAYOU Paul Bernard, adoubés par quelques chefs supérieurs des villages voisins, réclame la désignation du 15e roi des Bangou parmi les descendants de SM KEMAYOU Paul Bernard. Absente depuis les deux dernières successions, la descendance de Sa Majesté KEMAYOU Paul Bernard, inconnue en 1967 et 1979 se manifeste pour réclamer ce retour à la lignée du défunt Roi KEMAYOU Paul Bernard. Cette réclamation, déjà traitée quelques années plus tôt revient à nouveau sur la sellette. Renouvellement d'une première tentative qui avait échoué du vivant du roi TAYO II Marcel. La lettre du préfet de l'époque ci-dessous en était la conclusion.
Cette réclamation, comme la précédente quelques années plus tôt rencontre un refus catégorique de toute l'organisation traditionnelle des Bangou à quelques exceptions près, qui, en application des règles en vigueur en la matière, désigne légitimement l'un des fils du défunt Roi, du nom de TCHIYOU TAYO ARNAUD comme 15e roi des Bangou.
S'ensuit alors une série de manipulations par le camp contestataire. Ces derniers désignent leur roi des Bangou en la personne de Maurice NGAMBOU supposé être le fils de SM KEMAYOU Paul Bernard, organisent une dualité à la royauté, mènent des campagnes de dénigrement de ceux qui leur sont opposés, organisent les provocations diverses, le vandalisme, le vol et les violations des lieux sacrés. Malheureusement pour eux, la notabilité Bangou dans son plus grand ensemble ne les suit pas.
La passivité de l'administration territoriale les encourage à perpétuer des dégradations, des falsifications diverses pour essayer de prendre le dessus de la situation. Peines perdues, la majorité de la population Bangou est derrière son Roi TCHIYOU TAYO Arnauld.
Le jeu troubles des administrateurs de la région et l'impunité totale face aux agissements répréhensibles du camp contestataire a placé le village sous haute tension. Les actions en faveur du roi légitime sont constamment interdites par cette administration qui ferme souvent les yeux sur les agissements de ceux-là.
Quelques unes des manipulations impunies sont les suivantes :
Ce groupe contestataire, malgré son désaveu traditionnel, s'est organisé avec l'aide de certaines autorités administratives de Bangou, à saboter toutes les actions en faveur du roi légitime avant d'aboutir plus tard à une tentative d'assassinat du roi désigné dans sa royauté le 04 Avril 2022.
Le roi désigné a dû évacuer la royauté et demander la protection de l'administration, en faisant sceller son Palais, lequel palais a été entièrement pillé par ce groupe d'agresseurs. Tous les objets sacrés, les vestiges et documents de la royauté ont été pillés, les lieux sacrés ont été profanés. Ces agresseurs ont menacé d'incendier la royauté.
Le préfet des haut-plateaux a dû intervenir à travers un communiqué mettant en garde les fauteurs de troubles.
Jusqu'à ce jour aucune action judiciaire n'a été menée par les administrateurs à l'encontre de ces agresseurs tous connus.
Concernant l'homologation administrative, le dossier suit son cours comme l'indique ce courrier du MINAT au préfet des hauts-plateaux. Le seul dossier en ligne pour l'homologation est celui du roi TCHIYOU TAYO Arnauld.
Le groupe des contestataires a noyauté certaines structures administratives pour bloquer, interdire et empêcher cette homologation. Cela s'est manifesté par des interdictions du sous-préfet de Bangou, des cérémonies d'installation du roi nouvellement désigné et par le non-respect de nombreuses directives administratives des plus hautes autorités du pays.
Le dossier d'homologation du roi TAYO ARNAUD, régulièrement monté et conforme aux procédures d'homologations comme l'indique le MINAT dans son courrier au préfet ci-dessus, est dans les services du Premier Ministre pour visa conformément à la loi depuis 2019. Ce dossier y est entré pour visa avant l'homologation finale par le MINAT (Ministère de l'Administration Territoriale) qui doit signer le décret correspondant. Jusqu'à ce jour, le visa n'a pas été accordé par le premier ministre et le MINAT n'a toujours pas reçu le retour du dossier, malgré plusieurs manifestations relatives liées à cette situation.
Une commission a été créée en 2023 par le Premier Ministre dans le but de réexaminer l'ensemble de la procédure de désignation du roi des Bangou. Après ce décret créant cette commission, le courrier ci-après a fuité dans les réseaux sociaux.
Depuis lors, la nomination des membres de la commission n'a jamais été faite et la commission n'a jamais fonctionné. Depuis 2023, Bangou est figé dans un statut quo où toute la décision est bloquée dans les services du premier ministre, pourquoi ? Au lieu de clore ce dossier, au premier ministère, ils préfèrent maintenir le peuple Bangou dans la confusion. Voilà déjà 8 ans que cette situation perdure. Jusqu'à quand ?
En résumé :
Le décret de 1977 organisant les royautés traditionnelles ci-joint indique clairement les règles pour une royauté de 2ème degré comme celle de Bangou :
À ce jour, seul Sa Majesté TCHIYOU TAYO Arnaud a été désigné par le conseil des notables et a déposé un dossier d'homologation conforme. Le MINAT l'a déjà reconnu par courrier en tant que roi, mais reste dans l'attente du visa du Premier Ministre pour le décret d'homologation correspondant pour devenir auxiliaire de l'administration. Le dossier est bloqué au Premier Ministère depuis lors.
Les conséquences directes de ce blocage prolongé sont lourdes pour le village :
Quelques documents représentatifs de ce conflit.
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